Principes d'ergonomie adaptés à l'enseignement et, en particulier, à l'enseignement en hôpital:une piste réflexive sur la pratique du métier.


By Isabel Delarsille & Yves Robaey

 
Yves Robaey (Belgique) Maître-assistant chargé de la formation des maîtres au département pédagogique de la Haute Ecole Paul-Henri Spaak (Bruxelles - Nivelles) et responsable du projet ECHTP-net à l'Haute Ècole Bruxelles et Isabel Delarsille.

 

 


 

 

© KTH
Camera by J.Fets, J.P. Crombez and Ph. Meurrens Cav, Centre Audiovisuel Cliniques Universitaires de St-Luc..
Summary by Isabel and Yves Robaey.
Movies post editor and digitising: Eduardo Pérez-Bercoff KTH online

Back to contents

Première partie: pour voircette unité, pressez ici

I.1. Introduction

Notre réflexion pédagogique porte sur la notion d'ergonomie à l'école en hôpital. En effet, notre pratique de pedagogues, et depsychopédagogue d'une part, et de kinésithérapeute-ergothérapeute d'autre part nous pousse à nous interroger sur les conditions de travail en classe dans l'enseignement belge de type V.

I.2. Un peu d'histoire

Par définition, l'ergonomie est la recherche d'une meilleure adaptation entre une fonction, un matériel et son utilisateur. Etymologiquement, le terme ergonomie vient du grec ergon (travail) et nomos (loi, règles), soit la science du travail.

L'ergonomie est l'étude scientifique des conditions (physiopsychologiques et socioéconomiques) de travail et des relations entre l'homme et la machine.

C'est aussi l'étude quantitative ou qualitative du travail dans l'entreprise, tant sur le plan des conditions de travail que sur celui de l'amélioration de la productivité. L'on distingue :

  • l'ergonomie de correction s'il s'agit d'aménager une situation de travail existante ;
  • l'ergonomie de conception s'il s'agit d'élaborer un projet de situation de travail en accord avec les possibilités de l'homme

L'analyse peut se faire à une échelle simple (pour un poste de travail, par exemple) ou à une échelle plus complexe (par exemple pour un atelier ou une entreprise).

L'ergonomie est donc un domaine d'études dont l'objet porte sur les relations entre l'être humain et les machines, les outils ou tout autre matériel instrumental.

Le terme ergonomique qualifie un matériel étudié pour être le mieux adapté possible aux tâches de l'utilisateur.

Selon de MONTMOLLIN M.[3], l'ergonomie se caractérise par deux grand courants complémentaires.

D'une part, le premier courant, plus ancien et plus américain, considère l'ergonomie comme l'utilisation des sciences pour améliorer les conditions du travail humain. Les disciplines de l'anatomie et de la physiologie, par exemple, permettent de concevoir des chaises, des écrans et des horaires mieux adaptés à l'organisme humain. La psychologie permet, par ailleurs, de mieux présenter des informations... Dans cet esprit, l'ergonome travaille à la conception de dispositifs techniques, comme les machines, les outils, les postes de travail, les écrans, les logiciels...

Dès lors, cette ergonomie, plus ancienne mais encore très répandue aujourd'hui, consiste à tenir compte des caractéristiques générales de l'homme pour mieux lui adapter les machines et les dispositifs techniques. Les ergonomes étudient l'homme comme machine et l'adaptation de la machine à l'homme en se basant notamment sur les caractéristiques anthropométriques (hauteur, taille des divers segments du corps, poids, sexe, âge. ..), psychophysiologiques (performances des organes des sens, attention, vigilance...), liées à l'effort musculaire (contraction musculaire, consommation en oxygène, rythme cardiaque...), liées à l'influence de l'environnement physique (chaleur, froid, poussières, agents toxiques, bruit, vibrations. ..), les rythmes circadiens (l'alternance veille-sommeil et l'influence de leurs perturbations sur le sommeil et sur la santé...).

D'autre part, le second courant, plus récent et davantage européen, considère l'ergonomie comme l'étude spécifique du travail humain en vue de l'améliorer. Ainsi, pour reprendre l'exemple cité ci- dessus, elle se préoccupera moins du siège ou de l'écran pris isolément que de l'ensemble de la situation de travail du travailleur observé. Dans cette perspective, l'ergonome s'oriente vers l'organisation du travail, à savoir qui réalise quoi, et surtout comment le fait-il, et pourrait-il l'effectuer mieux ? Certes, ces objectifs peuvent être atteints par une conception meilleure des dispositifs techniques, mais également des procédures de travail, et enfin des activités et des compétences des travailleurs. Ainsi, cette ergonomie plus récente, consiste à analyser l'activité d'opérateurs particuliers confrontés à des tâches particulières. Cette approche tend à privilégier la dynamique de l'activité humaine dans le travail plutôt que la permanence des caractéristiques psychophysiologiques. Les ergonomes étudient l'homme comme acteur et les modifications de l'interaction en analysant notamment le travail comme un processus où interagissent l'opérateur, capable d'initiatives et de réactions, et son environnement technique, également considéré comme évolutif et influençable.

Back to Contents

Deuxième partie: pour voircette unité, pressez ici

2.1. Pourquoi l'ergonomie à l'hôpital ?

D'après FERMAN [2], la lutte contre les infections nosocomiales redevient actuellement une priorité à l'hôpital. Pour ce faire, les comportements et habitudes des utilisateurs doivent être modifiées. Le respect des règles et des protocoles d'hygiène est inhérent à une ergonomie adaptée à chaque espace dont la programmation et la conception doivent se conformer et s'adapter à l'évolution des recommandations et des principes établis par les spécialistes de l'hygiène en hôpital.

2.2. Et l'école, dans tout ça ? pour voircette unité, pressez ici

Dans le domaine de l'éducation, PORCHER [3] précise que le concept d'ergonomie scolaire est apparu au début des années 70; il l'associe principalement à la physiologie du poste de travail et à l'hygiène du cadre de la vie scolaire. L'étude de l'influence de ces deux facteurs a pour objectif d'augmenter l'efficacité de l'enseignement et à optimiser les apprentissages.

Selon le même auteur, deux niveaux d'intervention sont identifiés: d'une part, un niveau externe se rapportant aux conditions générales de la qualité de vie des étudiants, comme le milieu socioéconomique, la qualité de l'alimentation, du sommeil..., et d'autre part, un niveau interne se référant aux conditions existantes à l'intérieur de l'école comme les relations entre professeurs et étudiants, la couleur des murs, la qualité de l'air ambiant. ..

Pour DEROUET -BESON [4], l'espace scolaire en France est un lieu évolutif dont il faut s'emparer. Mais qui peut définir le bon espace scolaire ?

Si aujourd'hui, les normes nationales françaises d'espaces scolaires n'existent plus, la collectivité territoriale, désormais maîtresse d'ouvrage, éprouve des difficultés à prendre des décisions dont la légitimité ne repose plus sur des normes standardisées.

Selon les époques, les constructions scolaires dépendent de référents architecturaux multiples, communes à d'autres bâtiments et indépendantes de la fonction éducative. Prenons l'exemple des grands bâtiments d'antan avec leur cour intérieure, des lycées semblables aux hôpitaux et aux prisons…

Depuis 1981 cependant, les constructions scolaires ont retrouvé leur place spécifique, dorénavant basée sur la diversification. En l'absence de commande précise, chaque architecte a tendance à s'inspirer de son utopie de l'école, mais également des besoins des usagers.

L'architecture est liée à la pédagogie, et le même bâtiment scolaire est désormais amené à abriter diverses formes de pédagogies. Or les méthodes pédagogiques, les contenus évoluent constamment, les équipes changent et infléchissent le projet architectural de départ qui n'a pas été conçu dans une perspective d'évolution. Les acteurs s'approprient alors l'espace à leur façon, et l'auteur observe que des espaces identiques ne sont pas utilisés de la même façon d'un établissement à l'autre. La nécessaire évolution des lieux doit donc être intégrée dès la conception des bâtiments, après s'être interrogé sur la place du durable et de l'éphémère, du sécuritaire et des besoins exprimés par les usagers, à ne pas confondre avec les envies. Toutefois si l'aspect sécuritaire doit primer, il ne doit pas emporter le monopole de la décision. Quant au geste architectural esthétique, il doit être pertinent.

L'auteur rappelle que si le temps à l'école est le sujet de nombreux débats, la question de l'espace à l'école est tout aussi fondamentale. Le dialogue est donc ouvert entre acteurs concernés.

NORMAND, quant à lui, aborde la question de l'équipement et du mobilier scolaire. n s'interroge sur l'enjeu d'une définition de la qualité, sur l'importance de la norme et son évolution.

L'auteur rappelle qu'au XIXè siècle, avec la montée de l'école républicaine et de l'hygiénisme, les médecins mettaient en exergue les malformations de la colonne vertébrale causées par une assise sur un mobilier scolaire inapproprié. De plus, les statisticiens imposèrent des conventions dans la construction du mobilier, basées sur leurs études concernant la taille des enfants. À la fin du XIXè, la norme établie va perdurer.

Un siècle plus tard, des industriels fabriquant le mobilier scolaire se réunissent pour élaborer un projet de norme. Si la norme de l'assise:  Tiens-toi droit !! n'a apparemment pas changé, les pédagogues critiquent néanmoins l'immobilisme entraîné par une conception rigide et fixe du mobilier.

Vers 1986, la décentralisation et l'ouverture européenne vont provoquer une modification de l'offre et de la demande. Les industriels français rompent avec les normes standardisées des années 1980 pour introduire des mobiliers variés, dont la conception est basée sur un souci de qualité. Les commerciaux se présentent désormais comme des aménageurs de l'espace.

Aujourd'hui, la norme dans le domaine du mobilier scolaire n'est plus définie par l'État, et l'équipement des établissements scolaires relève des collectivités territoriales. Si les lieux de décisions se sont rapprochés des établissements scolaires, les usagers ne se sont guère associés pour autant. L'équipement est en général le cadet des soucis budgétaire, venant loin derrière la construction et la rénovation des bâtiments. Les prix les plus bas sont souvent recherchés, sauf pour les classes maternelles dans lesquelles les parents entrent quotidiennement... Une forte tension existe également entre la conception en laboratoire d'un mobilier -lourd, bruyant et intransportable, et son usage évoluant avec les pratiques pédagogiques et une nouvelle appropriation de l'espace classe.

 En conclusion, concernant le mobilier scolaire, la norme réglementaire est passée à une norme de marché ouverte à la concurrence. L'auteur rappelle que les concepteurs et acheteurs doivent impérativement prendre en compte les besoins des usagers afin que la dimension civique dans l'espace public de l'école ne tombe pas aux oubliettes.

 

Back to Contents

2.3. Observations d’écoles en hôpital à Bruxelles

Nos observations portent sur deux écoles en hôpital de la région de Bruxelles: L'École Escale, aux Cliniques Universitaires Saint-Luc à Woluwé, et l'École Robert Dubois à l'Hôpital Universitaire Des Enfants Reine Fabiola de Jette.

Trois points ont attiré notre attention et entraîné des questions concernant l'ergonomie :

  • la position assise de l'écolier malade face à un mobilier scolaire ;
  • l'accessibilité de la classe pour les enfants à mobilité réduite (en fauteuil roulant, avec une perfusion...) ;
  • l'immportante utilisation del'ordinateur.

 

 

 

 

 

 

 

Back to Contents

Troisième partie.pour voircette unité, pressez ici

3.1. La station assise de I. élève: étude du mobilier ergonomique

Selon TROUSSIER et aI [6], les rachialgies d'origine posturale sont un phénomène fréquent chez les enfants et adolescents scolarisés. Le rôle de la position assise prolongée est reconnu chez l'enfant comme un facteur de risque de douleurs posturales. Ces chercheurs ont étudié l'influence d'un mobilier ergonomique sur la genèse des algies rachidiennes ainsi que sur des critères subjectifs de confort. Le mobilier ergonomique étudié présente des normes de hauteur de 10 à 15 cm plus élevés que le mobilier traditionnel, un plan de travail incliné de 10° vers l'arrière et une assise inclinée vers l'avant variant entre 0 et 15°. L'élève peut dès lors varier alternativement et librement entre deux positions: la position d'écriture et la position de repos ou d'écoute.

Les résultats de l'étude menée dans 4 écoles primaires du département de Grenoble, avec un recul de 2 à 4 ans, montre une différence statistiquement significative entre la prévalence des rachialgies dans le groupe équipé de mobilier standard (9,8% ) et le groupe équipé de mobilier ergonomique (2,9% ). Le risque relatif de présenter des douleurs rachidiennes avec le mobilier standard est de 3,47, confirmant que cette différence en faveur du mobilier ergonomique n'est pas due au hasard ou aux fluctuations d'échantillonnage, mais à l'intervention d'un facteur extérieur. Parmi les 8 critères subjectifs d'évaluation du mobilier, les chercheurs ont observé une différence significative entre les 2 groupes en faveur des enfants équipés de mobilier ergonomique pour 7 d'entre eux, à savoir: le confort, le caractère pratique, l'esthétisme, le gêne par le bruit, la sensation d'inconfort dans les jambes, la surface du bureau, l'inclinaison du bureau; la hauteur du bureau n'étant pas significative.

Selon les auteurs, ces premiers résultats encouragent à poursuivre l'évaluation. Toutefois, la prévention des rachialgies en milieu scolaire ne se limite pas uniquement à l'étude du mobilier ergonomique, mais s'intéresse également à la sensibilisation des enseignants et des enfants à l'école du dos et à l'adaptation des activités sportives et gymniques.

Nous posons la question de savoir si l'enfant malade, affaibli par des séjours répétés en hôpital, n'est pas plus exposé encore qu'un enfant bien portant du même âge, à des douleurs rachidiennes causées par un mobilier scolaire non adapté. Le mobilier scolaire à l'école en hôpital ne devrait-il pas obligatoirement proposer des caractéristiques ergonomiques quand on sait que les enfants malades changent régulièrement. Un pupitre ou une chaise n'est donc pas attribué à un enfant en particulier. Aussi, plusieurs enfants de pathologies diverses utilisant un même mobilier, il nous semble primordial que ce dernier puisse s'adapter à n'importe quel enfant, par catégorie d'âge, cela s'entend.

En ce qui concerne les enfants assis en chaise roulante, la position doit être minutieusement réglée par l'ergothérapeute et/ou le kinésithérapeute. Il nous paraît important que l'enseignant(e) de l'école en hôpital soit prévenu(e) des caractéristiques d'une position inhérente à un enfant malade en particulier. Les notions de transfert de la chaise roulante à la chaise de classe doivent également être enseignées aux responsables de la classe afin que toute manœuvre se passe sans problème. Nous pensons particulièrement à la manutention des malades et des personnes handicapées de P. DOTTE [7]

 

Back to Contents

3.2. L' accessibilité de la classe pour les personnes à mobilité réduite

Les enfants en fauteuil roulant et munis de perfusion sur roulettes voient leur mobilité fortement réduite, et d'autant plus si la classe ne présente pas l'accessibilité nécessaire.

Par accessibilité, nous entendons les normes présentées par MARTEL & col [8] concernant notamment l'aménagement de différentes pièces d'un domicile en fonction des mesures de référence d'un fauteuil roulant pour adulte.

Il est clair que les normes varient dans le cas présent puisqu'il s'agit, d'une part, d'enfants scolarisables âgés de 3 à 18 ans et, d'autre part, d'une (petite) école insérée dans un hôpital. Néanmoins, en fonction de normes types d'un fauteuil roulant pour adulte, il est possible de se rendre compte des besoins en accessibilité de locaux de classe.

Pour aménager une classe, il est indispensable de prendre en compte :

  • les dimensions d'un fauteuil roulant standard pour adulte mince (cf. fig. 1), par exemple pour savoir exactement quel espace il est indispensable de laisser entre les pupitres pour permettre le passage ;
  •  les portées approximatives en hauteur et en largeur d'un adulte en fauteuil roulantd'un adulte en fauteuil roulant (cf. fig. 2), par exemple pour savoir exactement à quelle hauteur il est possible de ranger des livres sur une étagère ;
  • l'accès de l'école, de chaque classe, des toilettes(cf fig 3), par exemple pour savoir quel type d'adaptation prévoir pour faciliter l'entrée dans le bâtiment, la classe, les toilettes, etc. ;
  • le type et la taille des toilettes (cf. fig 4), par exemple pour savoir s'il est utile d'ajouter un siège surélevé et des barres d'appui, s'il faut ajouter un rideau pour protéger le sujet des regards quand la porte ne peut être fermée par manque de place ;
  • la disposition des tables et chaises (cf. fig 5) permettant la circulation intérieure avec des aides techniques ;
  • l'aire de stationnement des fauteuils roulants ou autres aides techniques, afin d'éviter tout encombrement (parfois dangereux) aux alentours de la classe ;
  • le revêtement des sols, par exemple pour éviter les chutes dans le cas de déplacement d'enfants à béquilles sur uns sol glissant ou accidenté ;
  • l'ergonomie du mobilier scolaire adaptée aux personnes à mobilité réduite, permettant par exemple l'accessibilité d'un pupitre par un enfant en fauteur roulant, ou le redressement d'un enfant scoliotique face à une table réglable en hauteur ;
  •   les types et les dimensions des portes(cf. figs 6 et 6b ) pour éviter de commander des portes trop étroites pour le passage d'un fauteuil roulant, ou des portes trop lourdes à actionner ;
  • l'accès au lavabo, le type de robinet, la hauteur du lavabo, l'emplacement du miroir et de l'essuie (cf.fig.7) pour ne pas devoir y porter l'enfant chaque fois qu'il souhaite se laver les mains.
  • les aires de jeux avec des jeux accessibles pour les enfants à mobilité réduite ;
  • les aires de rangements accessibles (cf. fig 8).

Dans le cas de L'École Escale à Saint-Luc, il nous semble que nous nous situons dans une ergonomie de correction dans le sens où les locaux de classe actuels n'étaient pas conçus au départ pour accueillir des enfants en apprentissage. Nous posons la question de savoir comment un apprentissage peut être mené à bien dans des conditions aussi peu satisfaisantes.

Dans le cas le l'École Robert Dubois à 1'H.U.D.E., il nous semble que nous nous situons dans une ergonomie de conception dans le sens où les locaux de classe actuels ont été conçus à cet effet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Back to Contents

 

Quatrième partie pour voircette unité, pressez ici

4.1. L'ordinateur en milieu scolaire: variables ergonomiques à considérer

Les auteurs de la revue de littérature [9] présentent les résultats de travaux réalisés en industrie et en tirent les principales conclusions à respecter en classe.

À l'exception possible des enfants souffrant d'épilepsie photosensible, aucune contre- indication ne semble apparaître quant à l'utilisation de l'ordinateur en classe, voire pour des sujets moins adaptés ou atteints d'un handicap.

Néanmoins, le milieu scolaire devrait offrir la possibilité de détecter des troubles fonctionnels de l’œil afin d'éviter que le travail devant écran de visualisation n'aggrave certains maux, pourtant réversibles, comme les céphalées, les picotements ou brûlures au niveau de l'œil, des myalgies cervicales et dorsales, du stress, et même une diminution de la motivation à réaliser un travail à l'ordinateur (Pinsonneault M., 1983)

Les conditions environnementales doivent être prises en compte lors du travail à l'ordinateur en classe, comme

  • une température ambiante stabilisée entre 20° et 22° celcius ;
  • une hygrométrie de 50% environ :un bruit de fond ne dépassant pas 65 décibels,
  • certaines imprimantes produisent un bruit variant de 68 à 75 dBA 
  • d'excellentes conditions d'éclairage, soit un niveau normal d'éclairage pour le travail de bureau se situant entre 300 et 500 lux (Rosenbaum L., 1981), auquel est ajouté un éclairage d'appoint pour chaque poste de travail pour permettre à chaque sujet d'ajuster le degré de luminosité selon le seuil de demande personnelle (Micossi A., 1983). De plus, les écrans doivent posséder des réglages pour la brillance et la taille des caractères, et permettre le choix des couleurs. Les reflets sur la surface de l'écran sont à éviter car ils causent de la fatigue au niveau des yeux, et même de la nuque et du dos si l'utilisateur adopte des positions inadéquates pour les éviter. Les reflets sur le clavier, le pupitre de travail, voire le papier sont à contrôler. Les surfaces mates sont préconisées. Les écrans ne doivent jamais être disposés en face de fenêtres, à moins que celles-ci puissent être occultées par des rideaux opaque
  • un mobilier spécifique (cf.fig. 9 ) doit être prévu pour assurer le confort de l'utilisateur, cas des sièges et tables de travail adaptables aux règles suivantes (Cakir A. & coll., 1980) :
  • La hauteur de la partie vitrée de l'écran à peu près à hauteur des yeux
  • La tête droite ou légèrement inclinée vers l'avant
  • Il ne doit y avoir aucune torsion de la tête ou du tronc
  • Les courbes dorso-lombaires doivent être maintenues en position physiologique
  • La partie supérieure des bras doit être verticale
  • Les coudes sont à 90° de flexion
  • Les avant-bras et les mains sont à l'horizontale
  •  Les cuisses sont à l'horizontale, les genoux fléchis à environ 90°
  •  Un appui-pieds est fortement conseillé
  • Un porte-documents à la même hauteur que l'écran

Les éducateurs actuels doivent également se rappeler que la lecture à l'écran est plus difficile que la lecture sur papier. Ainsi, la vitesse de lecture est réduite de 20 à 30% à l'écran, de même que la faculté à déceler des erreurs ou à résoudre des problèmes.

La qualité des divers logiciels utilisés doit être de haut niveau pour éviter le stress et/ou le manque de motivation (temps de réponses trop longs ou trop courts, trop grande affluence des informations. ..).

La qualité de la relation entre l'enseignant et l'élève ou entre paires peut également influencer les facteurs de stress et de motivation. surtout face à l'ordinateur.

En conclusion, les auteurs rappellent que la mission de l'école est de développer de bonnes habitudes de travail, même si certains élèves ne travaillent à l'ordinateur que quelques heures par semaines.

Finalement, nous ajoutons que si toutes ces données constituent des références importantes, elles doivent néanmoins permettre souplesse, adaptation et créativité. En effet, il est préférable d'observer des enfants qui VIVENT en classe plutôt que d'admirer un mobilier ergonomique idéal, mais qui ne favorise pas l'épanouissement des élèves.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Back to Contents

References

[1]  de MONTMOLLlN M. (1990). L'ergonomie. Éd. La Découverte. Col. Repères. Paris. (p. 6 & 10-11)

[2] FERMAND C. (2000). Les hôpitaux et les cliniques. Architectures de la santé. Le moniteur. Paris. (p. 80)

[3] PORCHER L (1982). Autour de J'ergonomie scolaire. L'Éducation. (p. 8-11) in. http://www.fse.ulaval.ca/pelletier/module4.html 

[4] DEROUET-BESSON M-C. & NORMAND R. (12.01.2000). Conférences-débats du Groupe d'Études Sociologiques de l'Institut National de la Recherche Pédagogique au C.R.D.P in http:llwww .ac-clennont.fr/actualit/pedago/inrp27l099/inrp12012000.htm

[5] DEROUET-BESSON M-C & NORMAND R. (12.01.2000). Op. cit.

[6] TROUSSIER B., DAVOINE P. & FAUCONNIER J. (1994). La station assise de l'écolier, étude de mobilier ergonomique. Association grenobloise d’ergonomie scolaire. In : http://www-santé.ujf-grenoble.fr/SANTE/CMJ/résumés/93-94/R1.html

[7] DOTTE P. (1982). La manutention des malades et des handicapés. Fascicule I.Éducalion gestuelle spécifique. Maloine. Paris.

[8] MARTEl. S. & DE SART M. (1988). Accès cibre. Saint-Martin Montréal.

[9] Module 4: l'ergonomie. Applications pédagogiques de l'ordinateur. Notes de cours : les ordinateurs : variables ergonomiques à considérer en milieu d’enseignement : In : http://www.fse.ulaval.ca/pelletier/module.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Back to Contents